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10.02.2007
Fumeur de Gitanes...
Bonjour,
Et oui, j'étais un fumeur de Gitanes ! Pendant ...de nombreuses années, j'ai fumé et c'est seulement il y a un peu plus de 6 ans que j'ai mis fin à cette triste habitude après avoir essayé plusieurs fois de m'arrêter. Je n'éprouve aucune fierté, mais seulement un immense soulagement.
Alors qu'en France, il est désormais interdit de fumer dans les lieux publics depuis le 1er février 2007 (quel battage à la télé !!!!), je voudrais bien modestement donner mon avis, et faire profiter (peut-être !) de mon expérience celles et ceux qui voudraient ARRETER. Retrouver les odeurs et surtout le souffle, c'est beaucoup ! Ne plus avoir ses vêtements, sa voiture, sa maison qui puent, c'est fantastique. Ne plus gêner les autres et ne plus imposer à ses proches cette odeur âcre et persistante, c'est énorme. Enfin, se dire qu'on est capable de le faire, ce n'est pas rien et c'est tout de même une grande satisfaction personnelle.
Je me souviens avoir essayé plusieurs fois de réduire ma "consommation". Une cigarette en moins chaque jour... mais arrivé à 6 ou 7, c'est terriblement difficile de réduire encore.
J'ai essayé aussi l'auriculothérapie. Ca coûte cher et ça n'enlève pas l'envie de fumer. Je me souviens, après 24 heures sans ma drogue, je ne pensais plus "qu'à ça", incapable de travailler, de faire quoi que ce soit... l'idée fixe.
Au fil de mes expériences malheureuses, j'en suis arrivé aux conclusions suivantes : il n'existe pas une méthode unique et miraculeuse qui marcherait à tous les coups pour arrêter car les motivations du fumeur sont diverses - il faut être véritablement motivé et sans doute avoir déja effectué plusieurs tentatives - il faut savoir que si l'on refume une seule cigarette, cest fichu - enfin, il faut choisir le moment de s'arrêter avec attention et discernement.
Voila, maintenant, je vais vous dire comment j'ai arrêté de fumer, avec un petit peu de volonté mais finalement, sans grande difficulté.
Je devais entrer en clinique le jeudi soir vers 17 heures pour une intervention chirurgicale le lendemain matin. Rien de bien grave ni de très important mais cela nécessitait tout de même une anesthésie générale (une première pour moi !). En principe, je devais rester hospitalisé pendant trois ou quatre jours.
Dans ma tête, j'avais décidé de profiter de cette hospitalisation pour essayer de m'arrêter de fumer. J'avais cependant emporté un paquet de Gitanes (ou deux, je ne sais plus) pour le cas où... je renoncerais au dernier moment. On ne sait jamais !
Après le dîner léger qui me fût apporté, j'eu la visite d'un anesthésiste qui me précisa que je devais impérativement ni boire, ni manger, ni fumer après 22 heures si je voulais que tout se passe bien le lendemain matin. Je le voulais...et à 21 heures 45, je me retrouvais donc (avec quelques autres intoxiqués) dans l'escalier de secours de la clinique, à griller ma dernière cigarette (peut-être celle du condamné, si l'opération se passait mal).
Je me souviens encore maintenant qu'il règnait dans cet escalier une odeur abominable de tabac froid et de médicament, et que je n'ai même pas fumé ma clope jusqu'au bout, alors qu'en principe, c'était tout de même la dernière.
Le lendemain, après l'opération, j'étais un peu "vaseux" et l'esprit plutôt occupé par une douleur persistante à un endroit bien précis de ma personne. Je ne crois pas avoir pensé un seul instant à mes chères Gitanes, heureux avant tout d'avoir survécu et d'être débarassé d'une corvée peu agréable.
Le deuxième jour, j'avais vraiment retrouvé toute ma lucidité et si j'ai pensé une ou deux fois à mes chères Gitanes, jamais l'envie d'en "griller une" ne m'est venue. En plus, il aurait fallu aller jusqu'à l'escalier de secours, ce qui était tout à fait impossible dans mon état.
Le troisième jour, j'étais en pleine forme, je faisais quelques pas dans le couloir et la douleur était modérée (sauf lorsque je riais, mais les occasions de rire n'étaient pas très nombreuses...). Bien entendu, j'aurais bien fumé une petite cigarette... mais j'étais tellement heureux que cette opération fût derrière moi que je ne pensais pas trop à tout le reste. J'étais optimiste et heureux.
Le quatrième jour, j'étais très impatient de sortir et de rentrer chez moi. J'avais l'imptression d'être dopé et euphorique. Cela faisait un peu plus de trois jours que je n'avais pas fumé, et je tenais le coup. La vie était belle.
Arrivé à la maison et les jours suivants, ce fût bien entendu plus difficile mais je le savais et j'avais essayé de m'y préparer mentalement à l'avance. Chaque matin et de nombreuses fois dans la journée, je me disais et me répétais : tu as réussi à tenir X jours, c'est le plus dur, le plus difficile est fait, tu en ais capable... et ce serait couillon de retomber maintenant. Allez, encore un jour !
Et jour après jour, tout tranquillement, cette terrible envie de fumer m'a quitté. Ce fut un peu long, parfois avec des crises... mais aujourd'hui, je suis bien et en plus, je ne regrette pas du tout le temps où je fumais, bien au contraire.
Oui, je sais ce que vous allez me dire. Se faire opérer pour ne plus fumer, c'est tout de même cher payer... Je le reconnais, d'autant plus qu'il y a aussi les maladies nosocomiales ... Mais si l'occasion se présente, sachez profiter de l'occasion. Enfin, c'est vous qui voyez !
Plus sérieusement, je ne comprends pas pourquoi il n'existe pas dans chaque clinique ou hôpital un service, ou plus simplement une personne qui serait là pour prendre contact avec les patients fumeurs, leur proposer d'arrêter de fumer, les aider, les suivre tout au long de leur hospitalisation et les mettre éventuellement en contact avec une association à leur sortie.
Cette idée est simple à mettre en oeuvre et, de mon point de vue, très efficace. Alors pourquoi cela n'existe-t-il pas en France ? Encore un mystère... Et pourtant, ça existe dans d'autres pays et en plus, ça marche !!!!
Ministre de la santé ? Oui, ça ne me déplairait pas et puis, j'ai quelques idées :-))) Je plaisante, bien entendu, mais je signale tout de même qu'il n'y a toujours pas de véritable garde médicale à Senlisse et sa région et qu'il n'y en aura sans doute jamais plus, comme dans beaucoup de régions de France. Tout le monde semble se faire à cette idée. Pas moi, et j'y reviendrai une prochaine fois !
A bientôt.
03:15 Lien permanent | Commentaires (4) | Envoyer cette note | Tags : Tabac, santé



Commentaires
Fumeur de Marlboro échangerait appendicite contre 30 ans de fumée.
Ecrit par : H. Covert | 13.02.2007
Dans ces histoires chaque cas est particulier et tu as raison c'est la motivation l'essentielle... j'ai fait plusieurs tentatives infrustueuses moi aussi avant mon dernier arret qui date de 7 ans enviton maintenant... pourvu que ça dure... mais honnetement lors de certaines circonstances j'ai déjà été tentée ...mais je n'ai pas encore resuccombée... pourvu qu'il en soit longtemps ainsi....
Courage à toi aussi... continue ainsi... Et tu as raison lors des hospitalisations on pourrait mettre un service d'aide à ce moment là....
Ecrit par : Tina | 16.02.2007
Tu fumes pas, ben t'en as d'la chance
c'est qu'pour toi la vie c'est du v'lours
le tabac c'est l'baume d'la souffrance
quand on fume, l'fardeau est moins lourd....
Je sais que tu l'as fredonnée cette chanson, vieux complice. Je suis heureux de n'être plus dépendant de la clop après 30 ans de P4, Fontenays, Boyards, Celtiques, Gitanes, Gauloises et paquets de gris. Que du tabac honnête, tu le vois. Je fume toujours, un paquet dans la soirée, mais une soirée par mois au maximum. Tiens, tu m'as donné envie, je pars chez Bébert avec deux galines et on va se faire ma soirée clope de février...
Si tu as le temps un jour, explique moi pourquoi tu as revitalisé Senlisse en Yvelines.
Ecrit par : pierre | 22.02.2007
Certainement pour parler plus longuement et profondément avec toi Pierre...
Ecrit par : olaf | 22.02.2007
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